Et si le printemps vous jouait des tours sans que vous le sachiez ?
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Le printemps arrive — et avec lui une belle énergie, une envie de prendre soin de soi, de changer ses habitudes, de manger mieux. C’est une saison qui donne envie de bien faire.
Et pourtant. Avec les meilleures intentions du monde, on commet souvent au printemps des erreurs alimentaires bien précises — des erreurs spécifiquement saisonnières, que même les plus avancées dans l’alimentation hildegardienne font chaque année sans s’en rendre compte.
Avant d’aller plus loin, une précision : cet article n’est pas pour les débutantes. Si vous débutez avec l’alimentation d’Hildegarde, j’ai consacré un article complet aux erreurs classiques de départ — je vous invite à le lire en premier.
👉 5 erreurs à éviter quand on débute
avec l’alimentation d’Hildegarde
Ici, on parle d’erreurs printanières — subtiles, bien intentionnées, et pourtant contre-productives. Sans culpabilité. Juste pour faire mieux.
Erreur n°1 : Vouloir alléger trop tôt et trop brutalement
Ce qu’on fait souvent
Dès les premiers beaux jours, l’envie de « manger léger » est irrésistible. On supprime les soupes du soir, on abandonne les plats chauds, on passe aux repas froids du jour au lendemain. L’intention est bonne — la légèreté du printemps nous appelle. Mais le résultat est souvent contre-productif.
Ce que dit Hildegarde
Le corps ne bascule pas d’une saison à l’autre en un jour. Hildegarde insiste sur la transition progressive — le passage hiver/printemps doit se faire en douceur, en continuant à nourrir le corps avec des aliments chauds et nourrissants jusqu’à ce que la chaleur extérieure soit vraiment installée. Forcer la transition, c’est fragiliser un organisme encore en pleine reconstruction après l’hiver.
C’est d’ailleurs l’un des grands principes de son enseignement : respecter le rythme de la nature plutôt que de le devancer. La nature elle-même ne bascule pas brutalement — elle y va progressivement, un bourgeon après l’autre.
La correction simple
Introduire progressivement les aliments de printemps — herbes fraîches, légumes de saison — tout en maintenant les soupes et préparations chaudes jusqu’à mi-mai au moins. Ensuite vous pourrez passer aux soupes froides (pas glacées !). Pas de révolution brutale. De la douceur et de la progressivité.
Et si vous cherchez des idées de soupes de transition pour accompagner cette période, j’ai d’ailleurs consacré tout un ebook au sujet 👉 Les soupes chaudes & froides, 40 recettes

Erreur n°2 : Manger la salade et les crudités sans assaisonnement
Ce qu’on fait souvent
Avec le printemps arrivent les grandes salades vertes — et la conviction que « plus c’est nature, mieux c’est ». On retire l’huile pour alléger, on supprime l’ail parce que c’est fort, on mange sa laitue toute seule en pensant bien faire. Bonne intention. Mauvaise idée selon Hildegarde.
Ce que dit Hildegarde
Dans son Physica, elle est très précise sur ce point. Elle écrit à propos de la laitue : « Les laitues domestiques sont totalement froides ; si on les mange sans assaisonnement, elles vident le cerveau de l’homme par leur suc nuisible et emplissent l’estomac de faiblesse. »
Mais elle ajoute aussitôt la solution : « Celui qui veut en manger devra les assaisonner avec de l’aneth, du vinaigre ou de l’ail — si on les mange assaisonnées de cette façon, elles réconfortent le cerveau et assurent une bonne digestion. »
Ce que j’aime dans cet enseignement, c’est qu’Hildegarde n’interdit jamais sans proposer une solution. Pas question de supprimer la salade — juste de l’assaisonner correctement. Elle est pragmatique, jamais dogmatique.
La correction simple
L’aneth, le vinaigre, l’ail, l’huile d’olive, les épices hildegardienne — des assaisonnements simples qui transforment un aliment potentiellement nuisible en aliment bénéfique. La salade oui — mais toujours bien habillée.
Erreur n°3 : Délaisser l’épeautre au profit des « superaliments » du moment
Ce qu’on fait souvent
Le quinoa, l’avocat, les graines de chia, le kale… Au printemps, les magazines regorgent de ces « superaliments » qui font rêver. Et même les lectrices les plus fidèles à Hildegarde en hiver se laissent parfois tenter. C’est humain. Mais c’est une erreur.
Ce que dit Hildegarde
L’épeautre non hybridé reste l’aliment central de l’alimentation hildegardienne en toutes saisons — printemps inclus. Hildegarde l’a décrit comme « la meilleure des céréales » — chaude, nourrissante, fortifiante, source de joie. Ces qualités ne disparaissent pas avec les beaux jours.
Au contraire, l’épeautre soutient l’organisme dans sa transition saisonnière. Il lui apporte les protéines dont il a besoin pour se régénérer, et maintient cette énergie stable dont nous avons parlé dans notre article sur la fatigue de printemps. 👉 Fatigue de printemps : les réponses d’Hildegarde
Les superaliments tendance ont peut-être des qualités — mais ils sont étrangers à l’alimentation hildegardienne, et souvent mal adaptés à notre terrain et à notre saison.
La correction simple
Garder l’épeautre à chaque repas — mais l’adapter à la saison dans sa préparation. À température ambiante en accompagnement de légumes de saison, en habermus le matin, en soupe légère le soir. L’épeautre s’adapte — c’est vous qui choisissez comment le cuisiner.

Erreur n°4 : Ranger les épices au placard dès le retour du soleil
Ce qu’on fait souvent
Les épices, c’est « pour l’hiver » — beaucoup le pensent. Le galanga, la cannelle, le pyrèthre d’Afrique… on les range dès les premiers rayons de soleil, convaincus qu’ils sont devenus inutiles jusqu’à l’automne prochain. C’est une erreur très répandue.
Ce que dit Hildegarde
Rien dans les écrits d’Hildegarde ne suggère que les épices sont réservées à l’hiver. Le galanga — « entièrement chaud, il n’y a pas de froid en lui » — soutient la circulation et la vitalité générale en toutes saisons. La cannelle, aux « puissantes vertus » selon ses propres mots, participe à l’équilibre global tout au long de l’année. Le pyrèthre d’Afrique « donne une saine intelligence et redonne vigueur » — des qualités dont on a besoin printemps comme hiver, non ?
Ces épices ne réchauffent pas artificiellement le corps — elles soutiennent son terrain, sa digestion, sa vitalité. Des besoins qui existent en toutes saisons.
La correction simple
Maintenir les épices hildegardienne au quotidien — simplement en ajustant les quantités selon votre ressenti. Une pincée de galanga dans l’habermus, de la cannelle dans les préparations sucrées, du pyrèthre d’Afrique dans les plats salés. Simple, continu, efficace.
Vous voulez mettre tout cela en pratique sans vous prendre la tête ?
Vous venez de découvrir 5 erreurs à corriger. Mais concrètement — qu’est-ce qu’on mange ce soir ? C’est exactement la question à laquelle répond mon guide printemps : des menus complets, des recettes savoureuses, des listes de courses prêtes. Tout ce qu’il faut pour mettre ces corrections en pratique, sans prise de tête.

Erreur n°5 : Sauter le petit-déjeuner ou le remplacer par des fruits
Ce qu’on fait souvent
Au printemps, l’appétit du matin diminue souvent. On se dit qu’un verre de jus d’orange ou quelques fruits suffisent. Certaines sautent carrément le petit-déjeuner — « pour se sentir plus légère ». L’intention est bonne. Le résultat, moins.
Ce que dit Hildegarde
Hildegarde se méfiait des fruits crus (poires) et en déconseillait certains catégoriquement — fraises, prunes, pêches. En naturopathie, nous savons que les fruits, riches en sucres rapides, ne constituent pas un petit-déjeuner suffisant pour nourrir un organisme après une nuit de travail intensif. Un verre de jus d’orange à la place de l’habermus — c’est séduisant mais insuffisant.
Quant au petit-déjeuner, l’habermus — la bouillie d’épeautre avec épices et fruits de saison — est le pilier du matin hildegardien en toutes saisons. « L’épeautre rend l’esprit joyeux » — cette joie ne se met pas en pause au printemps. Et le corps, qui sort d’une nuit de travail intensif, a besoin d’un vrai apport nutritif pour bien démarrer.
La correction simple
Adapter l’habermus au printemps — plus léger si besoin, avec des fruits de saison à température ambiante, une pincée d’épices printanières. Il se prépare la veille en 5 minutes chrono. Et si vous cherchez des idées de petits-déjeuners et de menus complets adaptés à la saison, c’est justement ce que vous trouverez dans mon guide printemps.
La clé : ne pas sauter ce repas fondateur de la journée hildegardienne.

Pour conclure
Ces cinq erreurs sont normales, humaines, saisonnières. Elles ne font pas de vous une mauvaise élève de l’alimentation hildegardienne — elles font de vous quelqu’un qui essaie, qui ajuste, qui progresse.
Hildegarde nous enseigne la douceur envers soi-même autant qu’envers les autres. Chaque petit ajustement compte. Et le printemps — avec son élan de renouveau — est une belle saison pour en prendre quelques-uns, à votre rythme, sans pression.
Prenez soin de vous.