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Une recette simple, surprenante, et 100% dans l’esprit hildegardien
Le clafoutis de carottes : quand Hildegarde rencontre l’été
Il y a des recettes que l’on n’imagine pas avant de les goûter. Un clafoutis… salé… aux carottes ? Et pourtant, c’est l’une des recettes les plus appréciées de mes étés hildegardiens. Fondant, parfumé, facile à préparer — et les enfants en redemandent.
Les jeunes carottes de juin-juillet — tendres, douces, et « froides » selon Hildegarde (Physica, Ch. CC)
La clé ? Des jeunes carottes de saison. Pas les grosses carottes d’hiver, denses et sucrées. Les petites carottes de juin et juillet, tendres, légèrement sucrées naturellement, qui cuisent en douceur et se fondent dans la pâte d’épeautre avec une légèreté que l’on ne trouve qu’en été.
Pourquoi cette recette est hildegardienne
Dans son Physica (Ch. CC), Hildegarde décrit la carotte avec une franchise tranquille : « La carotte est froide et elle est à réconfort pour l’homme. Elle n’est ni très utile ni dangereuse pour la santé, mais elle emplit le ventre de l’homme. »
Pas d’éloge excessif — c’est tout Hildegarde. Mais regardons ce qu’elle dit vraiment : la carotte est froide, donc naturellement adaptée à l’été, saison de la chaleur et de la sécheresse. Elle est réconfortante. Et elle rassasie sans alourdir. En été, quand on cherche précisément des aliments qui nourrissent sans peser, c’est une qualité précieuse.
C’est le galanga et le pyrèthre — présents dans tous les plats hildegardiens — qui lui donnent ici toute sa profondeur aromatique. Et la farine d’épeautre T80, à laquelle Hildegarde consacre des mots d’une générosité rare, fait du clafoutis un plat pleinement inscrit dans ses principes : nourrissant, digeste, réjouissant.
Et les fanes ?
Si vous achetez vos carottes avec leurs fanes — ce qui est souvent le cas au marché en été — ne les jetez pas. Les fanes de carottes fraîches se préparent exactement comme du persil plat : ciselées finement, elles parfument une vinaigrette, une salade composée d’épeautre, ou se glissent dans une sauce au yaourt de brebis. Leur saveur est légèrement amère et herbacée — une note intéressante qui contraste bien avec la douceur des carottes. À utiliser le jour même ou le lendemain au plus tard.
La recette — Pour 4 personnes
Temps de préparation : 15 minutes — Temps de cuisson : 45 minutes
Ce qu’il vous faut :
400g de jeunes carottes (avec leurs fanes si possible)
3 œufs
200ml de lait de vache
60g de farine d’épeautre T80
1 pincée de galanga en poudre
1 pincée de pyrèthre en poudre
Huile d’olive
Sel
Fromage de brebis râpé (facultatif)
Des ingrédients simples, accessibles, et pleinement dans l’esprit d’Hildegarde
La préparation :
Épluchez les jeunes carottes et coupez-les en petits cubes. Faites-les cuire à l’étouffée — dans une casserole couverte avec un filet d’huile d’olive, une pincée de galanga, de pyrèthre et deux cuillères à soupe d’eau — 20 à 25 minutes à feu doux. Elles doivent être très tendres.
Dans un saladier, battez les œufs avec le lait. Ajoutez la farine d’épeautre progressivement en fouettant pour éviter les grumeaux. Assaisonnez avec galanga, pyrèthre et sel.
Incorporez les carottes cuites. Versez dans un plat beurré. Parsemez de fromage de brebis râpé si vous le souhaitez.
Cuisez 25 à 30 minutes à 180°C jusqu’à belle dorure. Le clafoutis est cuit quand il est ferme au centre.
Servez tiède — accompagné d’une laitue assaisonnée à la vinaigrette au vinaigre de vin et à la ciboulette.
💡 Mon conseil : les jeunes carottes de juin-juillet n’ont pas besoin d’être épluchées si elles sont bio — un simple brossage suffit. Et si vous trouvez des carottes de couleurs variées au marché — jaunes, violettes, blanches — le résultat dans le plat est très joyeux.
Et si vous vouliez aller plus loin ?
Cette recette est extraite de mon nouvel ebook « L’Été selon Hildegarde » — 4 semaines de menus complets, plus de 100 recettes, 6 bonus pratiques, pour traverser tout l’été du 21 juin au 23 septembre en mangeant juste et savoureux.
Chaque semaine a été pensée pour vous simplifier la vie : les listes de courses sont prêtes, les recettes détaillées, et la logique des restes intégrée — vous cuisinez une fois, vous savourez deux fois.
L’ebook est disponible en prix de lancement jusqu’au dimanche 21 juin à 23h59.
Passionnée par l’approche naturelle du bien-être, je vous accompagne dans votre démarche
vers un équilibre corps, âme et esprit grâce aux trésors
de la naturopathie et de la sagesse de Sainte Hildegarde de Bingen.
L’été est une saison généreuse et lumineuse — mais aussi la plus délicate pour notre organisme selon Hildegarde de Bingen. Découvrez ce qui change vraiment dans votre assiette quand la chaleur s’installe, et pourquoi manger « léger » ne suffit pas toujours.
L’alimentation d’été selon Hildegarde : une saison qui nous fascine et nous déstabilise
Les marchés qui débordent de couleurs, les soirées qui s’étirent doucement, les repas partagés en terrasse… Il y a dans l’été quelque chose de généreux, de lumineux.
Et pourtant. Vous vous sentez parfois plus fatiguée qu’en plein hiver. Plus irritable. Vous mangez « léger » — des salades, des fruits, des boissons fraîches — et vous n’en tirez pas le bien-être attendu. Votre digestion capricieuse, votre énergie en dents de scie vous déconcertent.
Ce n’est pas dans votre tête. Et ce n’est pas une fatalité.
Hildegarde de Bingen l’avait observé il y a près de neuf siècles, avec une justesse qui ne cesse de m’étonner. Son approche de l’alimentation en été nous éclaire avec une acuité remarquable. Pour elle, l’été est une saison magnifique — mais aussi la plus exigeante pour notre organisme. Et si vous ne le savez pas, votre assiette risque d’aggraver ce que la saison produit déjà en vous, au lieu de le compenser.
L’été selon Hildegarde : la saison du feu et de la chaleur sèche
La viriditas — cette force vitale qu’Hildegarde voyait s’épanouir en été — peut aussi nous épuiser si notre alimentation ne la soutient pas
Le corps, microcosme du monde
Pour comprendre la vision d’Hildegarde sur l’été, il faut entrer dans sa façon de voir le monde — et l’homme à l’intérieur de ce monde.
Pour elle, l’homme est un microcosme : ce que la nature vit, le corps humain le vit aussi. Ce que les saisons font à la terre, elles le font à notre organisme. L’été ne fait pas exception.
« Le soleil répand sa chaleur sur la terre, et par elle toutes les créatures croissent et mûrissent. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae
Cette chaleur est d’abord une force. Elle active la viriditas — cette énergie vitale qui anime toutes choses — et fait croître, mûrir, s’épanouir. C’est la saison de l’abondance, de la plénitude, de la générosité de la nature.
Quand la chaleur devient excessive
Mais Hildegarde nous met en garde avec la même précision :
« Lorsque la chaleur est trop grande, elle consume l’humidité. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae
Et l’homme, microcosme du monde, n’échappe pas à cette loi :
« La chaleur dessèche l’homme et diminue ses forces lorsqu’elle est excessive. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae
Voilà pourquoi cette belle saison peut nous laisser épuisés, agités, sans énergie — surtout si notre alimentation amplifie ce que la saison produit déjà en nous, au lieu de le compenser.
C’est précisément là que se joue tout l’enjeu de l’été hildegardien.
Peut-on manger chaud en été ? La réponse surprenante d’Hildegarde
C’est la question que l’on me pose le plus souvent en cette saison. Et la réponse d’Hildegarde est claire : oui, absolument.
Contrairement à ce qu’on entend partout, manger froid en permanence n’est pas une solution. Les salades à tous les repas, les smoothies glacés, les boissons avec des glaçons — pour beaucoup de personnes, cela finit par épuiser la digestion et vider l’énergie plutôt que de la restaurer.
Hildegarde nous rappelle que chaque aliment possède sa propre nature :
« Chaque aliment possède sa qualité : il réchauffe, refroidit, humecte ou dessèche. » — Hildegarde de Bingen, Physica, prologue
Et que c’est toujours la modération et l’équilibre qui guident le choix :
« L’homme doit régler sa nourriture et sa boisson selon les temps et les variations de l’air. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae
Des plats chauds ou tièdes restent donc tout à fait adaptés à l’été — à condition de choisir des ingrédients légers, bien cuits, et des épices douces qui soutiennent la digestion sans échauffer davantage l’organisme. Ce n’est pas la température du plat qui compte. C’est la nature de ce qu’on mange et la façon dont on le cuisine.
Ce qui change vraiment dans votre alimentation d’été selon Hildegarde
Fenouil, courgette, blettes, framboises, mûres de mûrier — les alliés de votre été selon Hildegarde
Les légumes de l’été selon Hildegarde
L’été offre une belle palette de légumes — mais Hildegarde nous invite à les choisir et les préparer avec discernement.
Les alliés de l’été hildegardien : le fenouil, la courgette, les blettes, les haricots verts, les fèves, la carotte, les épinards, la betterave, le céleri branche ; des légumes que la saison nous offre naturellement. Dans l’alimentation d’été selon Hildegarde, ces légumes compensent la chaleur sans alourdir la digestion. Retrouvez le calendrier de saison dans cet article dédié.
La règle d’or : les cuire. Hildegarde recommande de cuire les légumes — à l’étouffée, à la vapeur douce, en papillote. Les cuissons douces préservent leurs qualités tout en les rendant plus digestes. La laitue fait exception — elle peut rester crue, mais avec une vinaigrette obligatoire, comme nous l’avons vu dans notre article sur les erreurs alimentaires du printemps.
Vous remarquerez l’absence des tomates, poivrons et aubergines — ces solanacées, si présentes sur les étals d’été, n’apparaissent tout simplement pas dans les écrits d’Hildegarde. Elle ne les connaissait pas — elles n’existaient pas encore en Europe au XIIe siècle.
Les fruits : pas tous bons pour l’été
C’est souvent là que mes lectrices sont les plus surprises. On imagine qu’en été, tous les fruits sont bons. Ce n’est pas ce que dit Hildegarde.
Les fruits approuvés sans réserve : les mûres de mûrier — « remplies de richesses et ne faisant aucun mal » selon le Physica — et les framboises, « froides et efficaces ». Le cassis, les pommes, les citrons toute l’année. L’abricot pour les repas festifs.
Les fruits à éviter : les pêches, brugnons, nectarines, prunes et figues sont explicitement déconseillés dans le Physica. Une surprise pour beaucoup — ces fruits emblématiques de l’été ne sont pas dans les bonnes grâces d’Hildegarde.
Les viandes et poissons
En été, Hildegarde privilégie la légèreté. La volaille — poulet fermier, pintade — est l’alliée de la saison, rôtie ou cuisinée à l’étouffée aux herbes hildegardienne.
Le porc est formellement déconseillé par Hildegarde — quelle que soit la saison, et particulièrement en été. C’est l’un de ses enseignements les plus clairs et les plus constants.
Du côté des poissons, les poissons à chair blanche — bar, cabillaud, perche, lieu noir — sont légers et digestes. L’œuf poché est préféré à l’œuf dur, que Hildegarde considère comme lourd et difficile à digérer.
Les boissons : fraîches mais jamais glacées
C’est sans doute le point qui surprend le plus dans l’alimentation d’été selon Hildegarde : les boissons glacées, avec des glaçons, sont à éviter. Le froid excessif choque l’organisme et perturbe la digestion.
Mais cela ne signifie pas souffrir de la chaleur ! Des boissons fraîches — sorties du réfrigérateur mais sans glaçons — sont parfaitement adaptées. Et Hildegarde nous offre de belles pistes : décoctions de fenouil au citron, infusions froides de serpolet, de sauge. Des boissons aromatiques, désaltérantes, entièrement dans l’esprit de ses enseignements.
« L’homme doit régler sa boisson selon les temps et les variations de l’air. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae
Et concrètement, qu’est-ce qu’on mange ?
L’été hildegardien est une invitation à manger autrement — avec légèreté, sens et plaisir
Voilà la vraie question. Parce que connaître les principes, c’est bien. Savoir exactement quoi mettre dans son assiette chaque jour tout au long de l’été — quels menus, quelles recettes, comment s’organiser — c’est une autre histoire.
C’est précisément ce que je prépare pour vous en ce moment. Un guide complet pour cuisiner tout au long de l’été avec Hildegarde — avec des menus pensés semaine après semaine, des recettes adaptées à la saison, et des solutions concrètes pour les situations de la vraie vie : les invités, les barbecues, les pique-niques, les vacances.
Il sera disponible très prochainement. Si vous souhaitez être parmi les premières à en bénéficier, notez la date : le lancement aura lieu le 16 juin.
Pour conclure
L’été hildegardien n’est pas une contrainte. C’est une invitation à manger autrement — avec plus de légèreté, plus de sens, plus de plaisir aussi. Les marchés d’été regorgent exactement de ce dont notre corps a besoin : des légumes gorgés de soleil, des fruits choisis avec discernement, des herbes aromatiques qui éveillent les sens autant que le corps.
Il suffit de connaître les codes. Et de laisser Hildegarde nous guider — comme elle le fait, avec une justesse extraordinaire, depuis le XIIe siècle.
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