L’été, on mange « léger »…
et on se retrouve épuisée
C’est l’un des paradoxes de l’été que je retrouve très souvent chez mes clientes : elles mangent mieux que jamais — plus léger, plus frais, plus « naturel » — et pourtant elles arrivent à mi-juillet complètement à plat. Fatiguées, irritables, le ventre souvent capricieux, le teint un peu brouillé malgré le soleil.
Alors elles se disent : je dois faire encore mieux. Plus de salades. Plus de smoothies. Plus de crudités. Plus de glaces et de boissons fraîches.
Et l’épuisement continue.
J’ai vécu exactement cela pendant plusieurs années avant de m’intéresser de près aux enseignements d’Hildegarde de Bingen sur l’alimentation estivale. Et ce que j’y ai découvert m’a littéralement renversée.
Ce que l’été fait vraiment à votre organisme
Pour comprendre pourquoi manger froid en été n’est pas forcément une bonne idée, il faut d’abord comprendre ce que l’été provoque dans votre corps.
Hildegarde de Bingen décrit l’été comme la saison de la viriditas — cette force verte, vivante, débordante qui s’épanouit dans la nature. Les jours sont longs, la lumière intense, la chaleur enveloppante. Tout est en plein élan.
Mais ce que peu de personnes réalisent, c’est que votre organisme vit lui aussi cette intensité. Il fonctionne à plein régime. La chaleur extérieure le pousse à travailler davantage pour maintenir son équilibre. La digestion, notamment, demande plus d’énergie.
Et si vous lui offrez des aliments froids, crus, glacés, vous lui compliquez la tâche précisément au moment où il a le moins de ressources disponibles pour y faire face.
C’est là que le paradoxe devient visible.
Le froid : un ennemi silencieux de votre digestion en été
Hildegarde n’emploie pas le mot « digestion » au sens anatomique moderne. Mais dans son Causae et Curae, elle décrit abondamment comment la chaleur interne du corps — ce feu digestif qui transforme les aliments — peut être « éteinte » par des excès de froid.
Ce principe est très concret : quand vous avalez une boisson glacée ou un smoothie sorti tout droit du congélateur par forte chaleur, votre corps doit immédiatement mobiliser de l’énergie pour ramener cette masse froide à la température corporelle avant de pouvoir la digérer. C’est une dépense énergétique réelle, invisible, que vous payez dans les heures qui suivent.
C’est sans doute le point qui surprend le plus mes clientes quand je l’évoque en séance : « Mais j’avais tellement chaud, la boisson fraîche m’a fait tellement de bien sur le moment… »
Oui, sur le moment. C’est bien là tout le problème.
Le soulagement est immédiat. La fatigue, elle, s’installe en sourdine.
Et le cru ? Ce n’est pas « plus naturel »

L’autre croyance très répandue, c’est que le cru est automatiquement supérieur au cuit. Plus vivant, plus riche en nutriments, plus « naturel ».
Hildegarde de Bingen ne partage pas cette vision.
Elle recommande de ne pas consommer les légumes crus et non assaisonnés — mais cela ne signifie pas renoncer aux salades en été, bien au contraire ! Il existe deux façons de les rendre digestes et conformes à son enseignement.
La première : les cuire à l’étouffée ou à la vapeur, puis les laisser refroidir et les assaisonner. On obtient ainsi de belles salades à température ambiante — légères et parfaitement adaptées à la chaleur estivale.
La seconde : les « cuire à froid » par l’assaisonnement. Il suffit d’ajouter huile, vinaigre de vin, sel et épices quelques minutes avant de passer à table — ou plusieurs heures à l’avance pour une marinade plus profonde. L’acidité et la matière grasse transforment le légume cru, l’assainissent et facilitent son assimilation. C’est ce que Hildegarde recommande pour la laitue, mais le principe s’applique à tous vos légumes d’été.
Je sais que ce n’est pas ce qu’on entend partout. Et la première fois qu’on me l’a expliqué, j’ai levé les yeux au ciel. Et puis j’ai essayé. Et j’ai compris.
Si vous souhaitez aller plus loin sur ce sujet, j’ai écrit un article complet sur les modes de cuisson saine selon Hildegarde — très concret pour adapter votre cuisine du quotidien.
Trois habitudes d’été qui vous épuisent sans que vous le sachiez
Voici les trois comportements alimentaires que je rencontre le plus souvent en cette saison, et qui vont à l’encontre des principes hildegardiens :
Le smoothie du matin. Fruits congelés, lait végétal froid, glace pilée parfois — bu à jeun, souvent debout. C’est frais, c’est pratique, c’est « healthy ». C’est aussi exactement ce que votre organisme a le plus de mal à gérer au réveil, surtout en été quand la chaleur a déjà perturbé votre nuit.
La salade crue à chaque repas. Rapide, légère, colorée — tout pour plaire. Mais un bol de légumes crus sans matière grasse ni assaisonnement suffisant, c’est une charge de travail supplémentaire pour un organisme déjà sollicité. Hildegarde recommande la vinaigrette — non pas comme un luxe, mais comme une nécessité. Elle « cuit à froid » les légumes et les rend bien plus digestes.
Les boissons avec des glaçons. C’est le réflexe de l’été. Et c’est celui qui choque le plus dans ses effets. Hildegarde dit clairement d’éviter le froid excessif. Cela ne signifie pas souffrir de la chaleur : une eau à température ambiante, une tisane tiède au fenouil, un verre d’eau légèrement fraîche — il y a bien des alternatives entre la canicule et les glaçons.

Derrière ces trois habitudes se cache toujours la même erreur : oublier que l’été se vit, il ne se combat pas. Hildegarde l’a formulé bien avant nous
« L’homme doit régler sa nourriture et sa boisson selon les temps et les variations de l’air »
écrit-elle dans le Causae et Curae. Nourriture et boisson, dans la même phrase, avec la même exigence. En été, cela veut dire ajuster ce que vous mangez et ce que vous buvez à la chaleur du moment — sans la combattre à coups de glaçons, sans l’ignorer non plus en mangeant comme si de rien n’était. »
Alors, que recommande vraiment Hildegarde pour l’été ?

L’alimentation estivale selon Hildegarde n’est pas une alimentation triste, compliquée ou restrictive. C’est une alimentation qui accompagne la saison au lieu de la combattre.
Les grandes orientations, en quelques mots :
Les légumes de saison — courgette, fenouil, haricots verts, blettes, betterave — cuits doucement. Des viandes légères, plutôt blanches. Du poisson à chair blanche. De l’épeautre, bien sûr, qui reste l’aliment de base en toutes saisons. Et des épices douces qui soutiennent la digestion : le fenouil en tête, le galanga, le persil.
Ce n’est pas un régime. C’est simplement une façon de nourrir votre corps en respectant ce qu’il traverse.
J’ai vu des femmes retrouver de l’énergie en changeant juste deux ou trois habitudes alimentaires en été. Pas un programme draconien. Quelques ajustements, bien pensés, au bon moment.
Envie d’aller plus loin dès maintenant ?
Si ce que vous venez de lire vous parle — si vous vous reconnaissez dans l’une de ces habitudes, si vous ressentez cette fatigue estivale sans vraiment comprendre pourquoi — alors j’ai quelque chose qui peut vous aider concrètement.
J’ai réuni dans un ebook tout ce qu’Hildegarde de Bingen nous enseigne sur l’été : les principes expliqués simplement, des menus complets sur quatre semaines, des recettes adaptées à la saison, des listes de courses prêtes à l’emploi. Tout ce qu’il faut pour traverser l’été avec légèreté et vitalité — sans passer des heures à chercher quoi manger.
Il s’appelle Les saisons gourmandes d’Hildegarde : l’été, et il est disponible dès maintenant.
Et si vous avez une question, un doute, ou simplement envie de partager votre expérience, les commentaires sont là pour ça. Dites-moi : est-ce que vous avez reconnu l’une de ces habitudes dans votre quotidien d’été ?
Sources : Causae et Curae — Hildegarde de Bingen, éd. Jérôme Millon · Physica — Hildegarde de Bingen, éd. Jérôme Millon · À la table de Sainte Hildegarde — Dr Gottfried Hertzka, Dr Wighard Strehlow, éd. Résiac.





