Pourquoi l’été est la saison la plus délicate selon Hildegarde (et ce que peu de gens savent)

L’été est une saison généreuse et lumineuse — mais aussi la plus délicate pour notre organisme selon Hildegarde de Bingen. Découvrez ce qui change vraiment dans votre assiette quand la chaleur s’installe, et pourquoi manger « léger » ne suffit pas toujours.

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Table estivale hildegardienne avec épeautre, framboises, fenouil et fleurs sauvages dans une lumière dorée

Les marchés qui débordent de couleurs, les soirées qui s’étirent doucement, les repas partagés en terrasse… Il y a dans l’été quelque chose de généreux, de lumineux.

Et pourtant. Vous vous sentez parfois plus fatiguée qu’en plein hiver. Plus irritable. Vous mangez « léger » — des salades, des fruits, des boissons fraîches — et vous n’en tirez pas le bien-être attendu. Votre digestion capricieuse, votre énergie en dents de scie vous déconcertent.

Ce n’est pas dans votre tête. Et ce n’est pas une fatalité.

Hildegarde de Bingen l’avait observé il y a près de neuf siècles, avec une justesse qui ne cesse de m’étonner. Son approche de l’alimentation en été nous éclaire avec une acuité remarquable. Pour elle, l’été est une saison magnifique — mais aussi la plus exigeante pour notre organisme. Et si vous ne le savez pas, votre assiette risque d’aggraver ce que la saison produit déjà en vous, au lieu de le compenser.


La viriditas — cette force vitale qu’Hildegarde voyait s’épanouir en été — peut aussi nous épuiser si notre alimentation ne la soutient pas

Pour comprendre la vision d’Hildegarde sur l’été, il faut entrer dans sa façon de voir le monde — et l’homme à l’intérieur de ce monde.

Pour elle, l’homme est un microcosme : ce que la nature vit, le corps humain le vit aussi. Ce que les saisons font à la terre, elles le font à notre organisme. L’été ne fait pas exception.

« Le soleil répand sa chaleur sur la terre, et par elle toutes les créatures croissent et mûrissent. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae

Cette chaleur est d’abord une force. Elle active la viriditas — cette énergie vitale qui anime toutes choses — et fait croître, mûrir, s’épanouir. C’est la saison de l’abondance, de la plénitude, de la générosité de la nature.

Mais Hildegarde nous met en garde avec la même précision :

« Lorsque la chaleur est trop grande, elle consume l’humidité. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae

Et l’homme, microcosme du monde, n’échappe pas à cette loi :

« La chaleur dessèche l’homme et diminue ses forces lorsqu’elle est excessive. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae

Voilà pourquoi cette belle saison peut nous laisser épuisés, agités, sans énergie — surtout si notre alimentation amplifie ce que la saison produit déjà en nous, au lieu de le compenser.

C’est précisément là que se joue tout l’enjeu de l’été hildegardien.


C’est la question que l’on me pose le plus souvent en cette saison. Et la réponse d’Hildegarde est claire : oui, absolument.

Contrairement à ce qu’on entend partout, manger froid en permanence n’est pas une solution. Les salades à tous les repas, les smoothies glacés, les boissons avec des glaçons — pour beaucoup de personnes, cela finit par épuiser la digestion et vider l’énergie plutôt que de la restaurer.

Hildegarde nous rappelle que chaque aliment possède sa propre nature :

« Chaque aliment possède sa qualité : il réchauffe, refroidit, humecte ou dessèche. » — Hildegarde de Bingen, Physica, prologue

Et que c’est toujours la modération et l’équilibre qui guident le choix :

« L’homme doit régler sa nourriture et sa boisson selon les temps et les variations de l’air. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae

Des plats chauds ou tièdes restent donc tout à fait adaptés à l’été — à condition de choisir des ingrédients légers, bien cuits, et des épices douces qui soutiennent la digestion sans échauffer davantage l’organisme. Ce n’est pas la température du plat qui compte. C’est la nature de ce qu’on mange et la façon dont on le cuisine.

Autres solutions naturelles  L’ÉTÉ SERA CHAUD AVEC HILDEGARDE DE BINGEN

Fenouil, courgette, blettes, framboises, mûres de mûrier — les alliés de votre été selon Hildegarde

L’été offre une belle palette de légumes — mais Hildegarde nous invite à les choisir et les préparer avec discernement.

Les alliés de l’été hildegardien : le fenouil, la courgette, les blettes, les haricots verts, les fèves, la carotte, les épinards, la betterave, le céleri branche ; des légumes que la saison nous offre naturellement. Dans l’alimentation d’été selon Hildegarde, ces légumes compensent la chaleur sans alourdir la digestion. Retrouvez le calendrier de saison dans cet article dédié.

La règle d’or : les cuire. Hildegarde recommande de cuire les légumes — à l’étouffée, à la vapeur douce, en papillote. Les cuissons douces préservent leurs qualités tout en les rendant plus digestes. La laitue fait exception — elle peut rester crue, mais avec une vinaigrette obligatoire, comme nous l’avons vu dans notre article sur les erreurs alimentaires du printemps.

Vous remarquerez l’absence des tomates, poivrons et aubergines — ces solanacées, si présentes sur les étals d’été, n’apparaissent tout simplement pas dans les écrits d’Hildegarde. Elle ne les connaissait pas — elles n’existaient pas encore en Europe au XIIe siècle.

C’est souvent là que mes lectrices sont les plus surprises. On imagine qu’en été, tous les fruits sont bons. Ce n’est pas ce que dit Hildegarde.

Les fruits approuvés sans réserve : les mûres de mûrier — « remplies de richesses et ne faisant aucun mal » selon le Physica — et les framboises, « froides et efficaces ». Le cassis, les pommes, les citrons toute l’année. L’abricot pour les repas festifs.

Les fruits à éviter : les pêches, brugnons, nectarines, prunes et figues sont explicitement déconseillés dans le Physica. Une surprise pour beaucoup — ces fruits emblématiques de l’été ne sont pas dans les bonnes grâces d’Hildegarde.

En été, Hildegarde privilégie la légèreté. La volaille — poulet fermier, pintade — est l’alliée de la saison, rôtie ou cuisinée à l’étouffée aux herbes hildegardienne.

Le porc est formellement déconseillé par Hildegarde — quelle que soit la saison, et particulièrement en été. C’est l’un de ses enseignements les plus clairs et les plus constants.

Du côté des poissons, les poissons à chair blanche — bar, cabillaud, perche, lieu noir — sont légers et digestes. L’œuf poché est préféré à l’œuf dur, que Hildegarde considère comme lourd et difficile à digérer.

C’est sans doute le point qui surprend le plus dans l’alimentation d’été selon Hildegarde : les boissons glacées, avec des glaçons, sont à éviter. Le froid excessif choque l’organisme et perturbe la digestion.

Mais cela ne signifie pas souffrir de la chaleur ! Des boissons fraîches — sorties du réfrigérateur mais sans glaçons — sont parfaitement adaptées. Et Hildegarde nous offre de belles pistes : décoctions de fenouil au citron, infusions froides de serpolet, de sauge. Des boissons aromatiques, désaltérantes, entièrement dans l’esprit de ses enseignements.

« L’homme doit régler sa boisson selon les temps et les variations de l’air. » — Hildegarde de Bingen, Causae et Curae


L’été hildegardien est une invitation à manger autrement — avec légèreté, sens et plaisir

Voilà la vraie question. Parce que connaître les principes, c’est bien. Savoir exactement quoi mettre dans son assiette chaque jour tout au long de l’été — quels menus, quelles recettes, comment s’organiser — c’est une autre histoire.

C’est précisément ce que je prépare pour vous en ce moment. Un guide complet pour cuisiner tout au long de l’été avec Hildegarde — avec des menus pensés semaine après semaine, des recettes adaptées à la saison, et des solutions concrètes pour les situations de la vraie vie : les invités, les barbecues, les pique-niques, les vacances.

Il sera disponible très prochainement. Si vous souhaitez être parmi les premières à en bénéficier, notez la date : le lancement aura lieu le 16 juin.


L’été hildegardien n’est pas une contrainte. C’est une invitation à manger autrement — avec plus de légèreté, plus de sens, plus de plaisir aussi. Les marchés d’été regorgent exactement de ce dont notre corps a besoin : des légumes gorgés de soleil, des fruits choisis avec discernement, des herbes aromatiques qui éveillent les sens autant que le corps.

Il suffit de connaître les codes. Et de laisser Hildegarde nous guider — comme elle le fait, avec une justesse extraordinaire, depuis le XIIe siècle.

Prenez soin de vous,

Christine Labbé

Naturopathe certifiée & Spécialiste Ste Hildegarde

Passionnée par l’approche naturelle du bien-être, je vous accompagne dans votre démarche vers un équilibre corps, âme et esprit grâce aux trésors de la naturopathie et de la sagesse de Sainte Hildegarde de Bingen.

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