SECRETS D’ÉPICES D’HILDEGARDE

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Secrets d’épices d’Hildegarde de Bingen !

Adopter une alimentation saine en 26 semaines avec Hildegarde de Bingen

 

Continuons cette semaine notre voyage dans l’univers des épices comme je vous l’avais promis dans mon article « De la joie dans les épices » afin de découvrir les secrets d’épices d’Hildegarde : 9 épices passées à la loupe !

Secrets d'épices d'Hildegarde

Si elles font d’abord chanter nos plats par une multitude de couleurs et des myriades de saveurs, elles ont un intérêt pour notre santé. Et c’est là qu’il faut être prudent. Je m’explique.

Deux attitudes face aux épices

Selon notre tempérament, nous pourrions être tentés par 2 attitudes opposées :

♦  Les timides qui utilisent peu ou pas d’épices, en tout cas, toujours les mêmes. On avance en terrain connu. Prise de risque à zéro, mais aussi bénéfice minime.

♦  Les téméraires qui, à l’opposé des premiers, mettent des épices de partout, au gré de leurs envies ou des recettes rencontrées ; pourvu qu’il y ait du goût. Et là, les bénéfices vont dépendre des choix, des quantités…

Bien sûr entre les 2, on trouve toute une gradation. Notez bien qu’il n’y a aucun jugement dans mes propos, il s’agit d’une simple constatation.

Je vous propose de faire partie d’un 3ème groupe, le groupe de ceux qui se renseignent et agissent avec discernement. Nos critères de discernement nous les puisons auprès d’Hildegarde de Bingen, évidemment !

Vous verrez d’ailleurs qu’elle nous réserve quelques surprises !

Et pour vous convaincre qu’une prudence est nécessaire, je lui laisse la parole « […] si elles sont prises n’importe comment ne seront pas utiles aux hommes en bonne santé mais leur causeront plutôt du mal […] Lorsqu’on en prend il faut le faire avec mesure et avec raison et en prendre […] avec quelque autre aliment et rarement à jeun […] » Causes et remèdes – Les aromates

Alors en cherchant dans les livres écrits par Hildegarde et par les Dr Hertzka et Strehlow, j’ai pu constater que l’on peut classer les épices en 4 catégories

      1. Les épices à consommer au quotidien
      2. Les épices à utiliser avec discernement
      3. Les épices à utiliser dans les remèdes
      4. Les épices à ne pas utiliser

Partons à la découverte des secrets d’épices d’Hildegarde de Bingen et de leurs bienfaits.

Les épices que l’on peut consommer au quotidien : secrets d’épices d’Hildegarde

Je précise que, si ces épices introduites dans notre cuisine nous font effectivement profiter de leurs vertus, elles ne peuvent pas, utilisées ainsi, soigner. Mais, comme le dit Ste Hildegarde « que ton aliment soit ton remède », la santé commence dans l’assiette et les épices n’échappent pas à cette réalité. Profitons donc de leurs bienfaits dès l’assiette en les choisissant avec discernement.

Le galanga officinal (alpina officinarum)

Le galanga est une petite merveille et une des épices les plus recommandées par Hildegarde car « il a beaucoup de vertus » (Physica XIII).

Galanga : secrets d'épices d'Hildegarde From Flickr

C’est une plante vivace originaire d’Asie tropicale qui peut atteindre 2 m de hauteur aux rhizomes rampants de couleur rose orangé. Ce sont ces derniers que l’on utilise, réduits en poudre. Son goût est piquant, bien plus fort que le poivre ! Il ne faut donc pas avoir la main trop lourde.

Le galanga réchauffe, tonifie, est digestif. Il a des propriétés anti-inflammatoires. Il aide à soulager bon nombre de douleurs, notamment les migraines, les maux de tête, les douleurs ostéo-articulaires, les douleurs prémenstruelles. Il est très utilisé pour tous les soucis cardiaques et circulatoires. Je vous le disais une vraie merveille !

N’hésitez pas à l’incorporer à tous vos plats, au quotidien, soit en fin de cuisson, soit saupoudré dans votre assiette.

Le galanga entre dans la composition des épices raz-el-hanout, l’épice à couscous.

Le pyrèthre d’Afrique

Le pyrèthre d’Afrique est également une des plantes phare chez Hildegarde de Bingen. La partie de la plante utilisée est le rhizome que l’on récolte à l’automne et que l’on fait sécher. On l’appelle également « camomille pyrèthre », « salivaire » ou « œil de bouc ».

« […] Le pyrèthre d’Afrique diminue les substances putrides présentes dans l’organisme et produit un sang de qualité. Il redonne des forces, même aux moribonds. Il assure une bonne digestion, et ne laisse rien sortir du corps qui ne soit digéré […] » Physica XVIII

Pyrèthre d'Afrique : secrets d'épices d'Hildegarde Pyrèthre d’Afrique – Image by Sujay Ghosh from Pixabay

Le Pyrèthre contient notamment de l’inuline (comme l’ail par exemple) ; cette substance n’est pas digérée par l’organisme et constitue un excellent prébiotique qui nourrit les « bonnes bactéries » de notre flore intestinale.

En s’appuyant sur la suite du texte ci-dessus, on peut citer les nombreux bienfaits du pyrèthre d’Afrique :

      • Assure une bonne digestion
      • Renforce le système immunitaire
      • Produit une bonne circulation sanguine et un sang de qualité
      • Nettoie le corps de ses toxines
      • Stimule l’absorption du calcium des aliments
      • Contribue à lutter contre l’anémie.

Voici de bons motifs pour l’utiliser au quotidien ; comme le galanga, il se consomme aussi bien cru que cuit. Donc de la même façon, vous pourrez l’incorporer sur vos aliments en fin de cuisson ou directement sur l’assiette, ou même dans une tisane.

Ajouté en quantité, sa couleur vert foncé ne donne pas toujours une belle couleur aux plats mais compte tenu de ces nombreux bienfaits sur la santé, cela n’a pas beaucoup d’importance, non ?

L’hysope

Hysope : secrets d'épices d'Hildegarde / Image de Hans Braxmeier from Pixabaypar Hans Braxmeier from Pixabay
L’hysope est une belle fleur bleue qui orne agréablement les paysages d’Europe méridionale et d’Afrique du nord. Elle a son heure de gloire dès le Moyen-Age car Charlemagne la mentionne au capitulaire de Villis afin qu’elle soit cultivée dans les jardins royaux ainsi que dans ceux des monastères au titre de plante médicinale.

Cette fois ce sont les sommités fleuries et les feuilles qui sont utilisées.

« […] Si on en mange souvent, elle fait disparaître les bouillonnements fétides des humeurs, comme la chaleur fait disparaître l’écume d’une marmite, et elle est utile dans tous les plats. Elle est plus utile cuite et réduite en poudre que crue. Quand on en mange, elle purifie le foie et purge un peu le poumon. […] » Physica LXV

C’est donc la plante du foie, qu’elle purifie, et du poumon. D’ailleurs, chez Hildegarde de Bingen, ces 2 organes sont liés. Elle assainie également toutes les humeurs de l’organisme -sang, et lymphe en particulier. Elle est à ce titre très précieuse.

Elle agit également contre la tristesse liée à un problème de foie.

L’hysope se consomme réduite en poudre et cuite. Elle se rajoute donc dans les aliments lors de la cuisson. Le poulet à l’hysope vous apporte ses bienfaits en cas de mélancolie.

Hildegarde met en garde de ne pas consommer l’hysope seule ou simplement en tisane car « il en éprouverait plus de mal que de bien. »

Le sel

Sel : secrets d'épices d'Hildegarde Image par monicore de Pixabay
« Le sel […] est utile à l’homme pour de nombreux usages. Si on mange sans sel, l’intérieur du corps devient tiède ; mais manger avec du sel en quantité modérée donne force et santé. Si on mange trop salé, cela rend l’intérieur du corps aride et le blesse. […] Le sel passé au four est plus sain que le sel cru car l’humidité qui était en lui est asséchée. » Physica LCXXXII

On sait aujourd’hui combien l’équilibre sodique du corps est important afin que celui-ci puisse maintenir une juste teneur en eau, délayer les déchets du métabolisme et les évacuer par les urines. Ce sont nos papilles qui vont nous indiquer pour chacun la bonne quantité de sel à consommer : nous devons saler nos plats de telle façon que l’on ne sente pas le goût du sel mais que le goût de l’aliment en soit rehaussé. Tout est dans la modération !

Vous trouverez chez les spécialistes des produits hildegardiens du sel condimenté c’est-à-dire du sel agrémenté d’épices et herbes aromatiques conseillées par Hildegarde.

Le cumin commun

Cumin vert : secrets d'épices d'Hildegarde  Image par Ajale de Pixabay
« Le cumin […] est bon, utile et sain à manger, de quelque façon que ce soit. Mais il fait du mal à celui qui souffre du cœur […] » Pysica XVII

Le cumin est utile en cas d’allergies alimentaires ; on peut, par exemple, en saupoudrer un peu sur du fromage ou les œufs dont il facilitera la digestion !

La moutarde

Je place ici la moutarde car si la graine seule n’est pas forcément déconseillée par Hildegarde, elle propose de broyer les graines et de les mélanger à du vin ou à défaut à du vinaigre : elle nous donne ainsi la recette de la moutarde telle que nous avons l’habitude de la consommer aujourd’hui !

Les épices à utiliser avec discernement : secrets d’épices d’Hildgarde

Le poivre

« Le poivre […] contient une force bouillonnante ; mangé en abondance, il fait du mal à l’homme, provoque chez lui de la pleurésie, détruit les humeurs qui sont en lui et en suscite de mauvaises. »

Sel et poive : secrets d'épices d'Hildegarde Image par congerdesign de Pixabay

Mieux vaut donc ne pas trop en consommer surtout que le galanga -qui lui est très bénéfique à la santé comme on l’a vu plus haut- peut avantageusement le remplacer  !

Je continue la citation « Si on est dépressif, si on est dégoûté par la nourriture […] prendre un peu de poivre avec du pain dans n’importe quel aliment : la rate ira mieux, et l’on n’éprouvera plus de dégoût pour la nourriture » Physica XVI.

Les personnes en surpoids se trouveront bien de s’en abstenir car il ouvre l’appétit !

Les épices à utiliser dans les remèdes uniquement : secrets d’épices d’Hildegarde

Le gingembre

Le gingembre est une belle et grande herbe tropicale originaire d’Asie. Elle est cultivée dans tous les pays tropicaux et est connue depuis des temps reculés. C’est le rhizome qui est consommé.

Gingembre : secrets d'épices d'Hildegarde Image par Couleur de Pixabay

Le gingembre est une plante très populaire actuellement. Il est connu comme tonique général, fortifiant de l’organisme et anti-nauséeux. Et on le met à toutes les sauces ! Mais voilà Hildegarde de Bingen n’est pas de cet avis. Là, je vous vois très déçus peut-être même dubitatifs mais écoutez bien ce qu’elle en dit car cela ne laisse place à aucune ambigüité :

“[…] Un homme en bonne santé et gras n’a pas intérêt à en manger, car il le rend stupide, ignorant, tiède et lascif. Mais si on est sec et déjà bien affaibli, réduire du gingembre en poudre et en prendre un peu à jeun dilué dans une boisson […] ; on améliora ainsi son état. Mais dès qu’on ira mieux, il faut ne plus en manger, de peur d’en subir quelque dommage. […] »Physica V

Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’a passé l’envie d’en manger 🙂

Par contre, il entre dans la composition de nombreux remèdes contre les maux d’estomacs, la constipation ou les yeux, par exemple. C’est l’un des ingrédients d’un remède très répandu en thérapie hildegardienne : l’élixir de lentilles d’eau. Donc le gingembre passe clairement de la cuisine à la pharmacie !

Les épices à ne pas consommer : secrets d’épices d’Hildgarde

Le cumin noir (Nigella sativa)

Cumin noir : secrets d'épices d'Hildegarde Image par Ulrike Leone de Pixabay

Le cumin noir ou nigelle ne doit pas être confondu avec le cumin (cumimum cyminum), mentionné ci-dessus. Le cumin noir est utilisé comme épice au Moyen Orient et au Maghreb mais est surtout prisé comme remède anti-inflammatoire, antalgique, antifongique, etc en phytothérapie et pourtant Hildegarde ne le recommande pas du tout : car « le cumin noir […] n’a aucune valeur comme nourriture pour l’homme car il provoquerait de la douleur. » Et voici l’emploi qu’elle conseille « On peut piler du cumin noir et y mêler du miel et, là où les mouches sont nombreuses, en frotter le mur ; les mouches qui en auront goûté seront malades, tomberont et disparaîtront ». Physica XII

Pas très appétissant ! Qu’en pensez-vous ?

Voici donc l’essentiel des secrets d’épices d’Hildegarde de Bingen.

Que dois-je faire cette semaine ?

  1. Je trie mes épices en 2 groupes selon les conseils d’Hildegarde de Bingen
    • celles à utiliser au quotidien
    • celles à utiliser avec plus de parcimonie

En passant je jette un coup d’œil à la DLUO (date limite d’utilisation optimale) car, si les épices ne périment pas, elles perdent de leur saveur au fil du temps !

2. J’achète les épices fondamentales d’Hildegarde.

3. Je prends l’habitude d’utiliser les bonnes épices pour ma santé et celle de ma famille.

4. J’essaye la recette proposée

Flans aux blettes, graines de tournesol, épices
Cliquez sur l’image pour télécharger la recette

Ce que je retiens

Les épices sont un vrai atout santé : galanga, pyrèthre d’Afrique, hysope, cumin, sel…

D’autre, au contraire, sont à utiliser avec discernement comme le poivre.

D’autre enfin sortent de ma cuisine : le gingembre et le cumin noir ou nigelle.

 

Maintenant que vous connaissez les secrets des épices d’Hildegarde de Bingen, régalez- vous en profitant de leurs bienfaits  ! Je vous dis à la semaine prochaine 🙂

J’espère que cet article vous est utile et vous  donne envie d’aller plus loin pour votre santé et celle de vos proches !

N’hésitez pas à me poser vos questions, à partager, à « aimer » !

Portez-vous bien, prenez soin de vous.

#mon défi semaine 6

Fixer son but : adopter une alimentation saine en 26 semaines avec Hildegarde de Bingen

On ne lâche rien ! Belle semaine…

Signature de Christine Labbé Naturopathe

Mes sources


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2 réflexions sur « SECRETS D’ÉPICES D’HILDEGARDE »

  1. Merci Christine pour ce chouette article ! Effectivement très déçue par le gingembre mais rassurée d’apprendre qu’il est quand même bénéfique si on est affaibli, c’est comme ça que je l’utilise, ouf ! Quant aux premières épices dont tu parles (pyrèthre, galanga, Hysope..), c’est une découverte pour moi, alors merci !

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